PER après 70 ans : faut-il encore continuer à l’alimenter ?

Créé par la loi Pacte en 2019, le Plan d’Épargne Retraite s’est rapidement installé dans le paysage de l’épargne française.
Versements PER après 70 ans

Au 31 décembre 2025, les différents PER représentaient 150,4 milliards d’euros d’encours, répartis entre 12,9 millions de titulaires. L’encours a progressé de 20 % sur la seule année 2025, confirmant l’intérêt des Français pour cette enveloppe.

Le PER doit notamment son succès à un avantage fiscal bien connu : les versements volontaires peuvent, dans certaines limites, être déduits du revenu imposable.

Mais les règles viennent d’évoluer.

Ce qui change après 70 ans

La loi de finances pour 2026 a supprimé la déductibilité fiscale des versements réalisés sur un PER après 70 ans.

Cette mesure s’applique aux versements effectués depuis le 1er janvier 2026, même si la loi de finances n’a été promulguée que le 19 février 2026. Les versements après 70 ans restent donc possibles, mais ils ne permettent plus de réduire le revenu imposable.

Pour une personne dont l’objectif principal était de diminuer son impôt sur le revenu, l’intérêt de continuer à alimenter son PER est donc sensiblement réduit.

Cela signifie-t-il que le PER n’a plus aucun intérêt après 70 ans ? Pas nécessairement.

Le PER ne se limite pas à la réduction d’impôt

Le PER est principalement présenté comme un outil de préparation de la retraite. Il permet de se constituer progressivement un capital ou de futurs revenus complémentaires.

Mais lorsqu’il prend la forme d’un contrat d’assurance, il peut également comporter une clause bénéficiaire, comme un contrat d’assurance-vie.

En cas de décès, le capital peut ainsi être versé aux personnes désignées dans le contrat. Le PER peut donc participer à la protection du conjoint ou à l’organisation de la transmission du patrimoine.

Il faut toutefois bien distinguer deux situations.

Lorsque le titulaire d’un PER assurantiel décède avant 70 ans, la transmission relève en principe du régime prévu par l’article 990 I du Code général des impôts (abattement de 152 500€ par bénéficiaire sur les sommes transmises).

En revanche, lorsque le décès intervient après 70 ans, les sommes transmises entrent dans le champ de l’article 757 B. Un abattement global de 30 500 euros est alors applicable, tous bénéficiaires et contrats concernés confondus.

Le conjoint marié ou le partenaire de Pacs demeure, quant à lui, exonéré de droits de succession. Le PER peut donc conserver un intérêt pour le protéger, mais son efficacité doit être appréciée en fonction de la situation familiale et des bénéficiaires désignés.

Après 70 ans, les objectifs patrimoniaux évoluent souvent

Une personne de plus de 70 ans disposant d’une capacité d’épargne n’est donc pas à la recherche de revenus complémentaires pour sa retraite.

Elle peut déjà disposer de pensions suffisantes, d’un patrimoine financier ou immobilier important et d’une épargne disponible.

Ses préoccupations sont alors souvent différentes :

  • Comment organiser la transmission de son patrimoine ?
  • Comment protéger son conjoint ?
  • Comment réduire les futurs droits de succession ?
  • Comment conserver la disponibilité de son capital ?
  • Comment continuer à investir dans un cadre fiscal adapté ?

Dans cette situation, la question n’est plus seulement de savoir dans quoi investir, mais également dans quelle enveloppe réaliser cet investissement.

PER, assurance-vie ou contrat de capitalisation ?

Le PER, l’assurance-vie et le contrat de capitalisation sont avant tout des enveloppes juridiques et fiscales.

Selon les contrats, il est possible d’y loger des actifs relativement proches : fonds en euros, fonds obligataires, actions, supports immobiliers ou unités de compte diversifiées.

Ce ne sont donc pas nécessairement les investissements détenus qui différencient ces enveloppes, mais plutôt leurs règles de fonctionnement, leur fiscalité, leur disponibilité et leurs modalités de transmission.

Le PER

Le PER répond d’abord à une logique de préparation de la retraite. Avant 70 ans, la déduction des versements peut constituer un avantage important pour les contribuables les plus imposés.

Il peut également servir à protéger un bénéficiaire désigné, mais les règles applicables au décès du titulaire doivent être examinées avec attention, notamment après 70 ans.

L’assurance vie

L’assurance-vie permet elle aussi de désigner librement un ou plusieurs bénéficiaires.

Après 70 ans, les versements ne bénéficient certes plus de l’abattement de 152 500 euros par bénéficiaire applicable, sous conditions, aux primes versées avant cet âge. Ils bénéficient toutefois d’un abattement global de 30 500 euros, tandis que les gains attachés à ces versements restent en principe exonérés de droits de succession.

Cette différence peut rendre l’assurance-vie plus adaptée que le PER dans certaines stratégies de transmission après 70 ans.

Le contrat de capitalisation

Le contrat de capitalisation ne comprend pas de clause bénéficiaire : il entre dans la succession de son titulaire.

Il offre cependant d’autres possibilités. Il peut notamment faire l’objet d’une donation ou d’un démembrement de propriété, ce qui permet d’envisager une transmission anticipée tout en organisant les droits respectifs de l’usufruitier et du nu-propriétaire.

Il peut donc être utilisé en complément de l’assurance-vie, notamment lorsque l’objectif consiste à transmettre progressivement un capital de son vivant.

D’autres solutions peuvent également être envisagées

Selon la composition du patrimoine et les objectifs poursuivis, il est également possible d’étudier des dispositifs permettant de réduire l’assiette soumise aux droits de succession tout en bénéficiant, dans certains cas, d’une réduction d’impôt au moment de l’investissement.

Ces solutions ne répondent pas à la même logique que le PER et comportent leurs propres contraintes, notamment en matière de durée de détention, de liquidité et de risque.

Elles doivent donc être intégrées dans une stratégie globale et non choisies uniquement pour leur avantage fiscal.

Nous consacrerons d’ailleurs notre prochain webinar, organisé à la rentrée au début du mois de septembre, à ces stratégies. Nos clients recevront prochainement une invitation.

Choisir l’enveloppe avant de choisir le placement

Le PER n’est donc ni un bon ni un mauvais produit en lui-même.

C’est une enveloppe qui répond à certains objectifs. L’assurance-vie, le contrat de capitalisation, le compte-titres ou encore d’autres dispositifs patrimoniaux répondent à des besoins différents.

Après 70 ans, la suppression de la déduction fiscale des versements impose simplement de réexaminer la stratégie.

Continuer à alimenter un PER peut rester cohérent dans certaines situations, notamment pour protéger son conjoint. Dans d’autres cas, l’assurance-vie, le contrat de capitalisation ou une stratégie de transmission anticipée pourront être plus adaptés.

L’essentiel est donc de déterminer :

  • les capitaux dont vous pourriez avoir besoin
  • les personnes que vous souhaitez protéger
  • les actifs que vous souhaitez transmettre
  • la fiscalité successorale potentielle
  • et le degré de disponibilité que vous souhaitez conserver

C’est seulement après cette analyse qu’il devient possible de choisir la bonne enveloppe, puis les investissements à y loger.

Vous vous interrogez sur l’intérêt de continuer à alimenter votre PER ou sur la meilleure façon d’organiser votre patrimoine après 70 ans ? Nous pouvons étudier votre situation et comparer les différentes solutions envisageables.

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