Parmi eux, une mesure a particulièrement retenu l’attention des épargnants et investisseurs :
la hausse de la Contribution Sociale Généralisée (CSG) sur certains revenus du patrimoine et produits de placement.
Cette évolution soulève de nombreuses interrogations légitimes :
- Les revenus locatifs sont-ils concernés ?
- Le Plan d’Épargne Retraite (PER) devient-il moins avantageux ?
- L’assurance-vie subit-elle la même hausse d’imposition ?
- Mes placements financiers seront-ils davantage taxés ?
Voici les éléments essentiels pour y voir clair.
Comprendre la CSG et la fiscalité des placements
La Contribution Sociale Généralisée (CSG) est un prélèvement destiné au financement de la protection sociale.
Elle est intégrée aux prélèvements sociaux appliqués à une grande partie des revenus patrimoniaux et financiers.
Jusqu’à présent, les prélèvements sociaux s’élevaient à 17,2 %, dont 9,2 % de CSG
Pour les revenus financiers soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), la fiscalité globale était donc de 30% :
- 12.8% d’impôt sur le revenu
- 17.2% de prélèvement sociaux
Ce qui change en 2026
La réforme a acté une augmentation ciblée de la CSG, passant de 9.2% à 10.6%
- CSG : 9.2% → 10,6 %
- Donc prélèvements sociaux : 17,2 % → 18,6 %
- Donc PFU : 30 % → 31,4 %
Cette hausse n’est toutefois pas généralisée : elle dépend de la nature des revenus concernés.
Les revenus qui ne sont pas impactés
Vu que l’Etat aime les choses simples, il y a des exceptions. Certains revenus patrimoniaux conservent le régime fiscal actuel et ne subissent aucune hausse de CSG :
Il s’agit notamment :
- des revenus fonciers issus de locations nues
- des plus-values immobilières des particuliers et de biens meubles
- des intérêts des contrats d’assurance-vie et de capitalisation
- des produits et rentes d’anciens plans d’épargne (PEP)
- des intérêts et primes des CEL et PEL ouverts avant le 31 décembre 2017
Ces revenus restent donc soumis aux prélèvements sociaux de 17,2 %, et conservent un PFU global de 30 %.
En pratique, les revenus locatifs classiques ne sont pas concernés par la réforme.
Les revenus du patrimoine désormais plus taxés… dès 2025
Les revenus du patrimoine réalisés depuis le 1er janvier 2025 sont désormais concernés par la hausse de CSG.
Concrètement, cela signifie que la mesure s’applique à des revenus déjà perçus.
On parle juridiquement de « petite rétroactivité fiscale » : les prélèvements déjà effectués en 2025 n’étaient en réalité que des acomptes, qui seront ajustés lors de l’imposition définitive prévue à l’été 2026.
Cette évolution concerne principalement :
- les revenus de location meublée non professionnelle (BIC)
- les plus-values sur valeurs mobilières détenues en compte-titres
- les plus-values professionnelles à long terme
- les gains issus de management packages
- les rentes viagères à titre onéreux
- les gains sur cryptomonnaies réalisés à titre non professionnel
Désormais, ces revenus supportent :
- des prélèvements sociaux portés à 18,6 % ;
- un Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) global relevé à 31,4 %.
Il s’agit d’un point important de la réforme : la fiscalité évolue alors même que les revenus concernés ont déjà été perçus.
Les revenus de placement concernés à partir de 2026
Pour les produits perçus à compter du 1er janvier 2026, la hausse s’applique également à plusieurs placements financiers :
- les dividendes ;
- les produits de placement à revenu fixe (obligations, fonds euros fiscalisés…) ;
- les gains nets lors d’un retrait ou de la clôture d’un PEA ;
- les produits issus de l’épargne salariale (PEE et PERCO) ;
- certaines plus-values mobilières de non-résidents.
Ces produits sont désormais soumis à un PFU de 31,4 %.
Le cas particulier du PER : un traitement différencié
Le Plan d’Épargne Retraite fait l’objet d’un traitement spécifique qui a suscité des réactions.
Sont concernés par la hausse :
- les rentes viagères issues de versements volontaires déduits
- les intérêts perçus en cas de sortie du PER en capital
Autrement dit, la fiscalité applicable à certaines modalités de sortie du PER est désormais alignée sur la CSG majorée.
Ce traitement peut surprendre : le dispositif encourage l’épargne retraite durant la phase de constitution, mais alourdit légèrement sa fiscalité à la sortie.
À l’inverse, des enveloppes proches comme l’assurance-vie et les contrats de capitalisation ne sont pas soumises à cette augmentation.
En pratique toutefois, l’écart reste mesuré : la hausse représente 1,4 point de prélèvements sociaux, ce qui demeure limité au regard des objectifs de long terme du PER.
Ce qu’il faut retenir
- Tous les revenus patrimoniaux ne sont pas concernés par la réforme
- Les revenus locatifs et l’assurance-vie conservent leur fiscalité actuelle
- Certains placements financiers voient leur imposition légèrement augmenter
- Le PER fait l’objet d’un traitement spécifique selon les modalités de sortie
- La mesure s’applique à des dates différentes selon la nature des revenus
- La réforme est entrée en vigueur après la promulgation du 19 février 2026
Cette évolution rappelle une réalité constante : la fiscalité du patrimoine évolue régulièrement et peut s’appliquer à des revenus déjà réalisés.


